« Je ne pourrais jamais faire ce que tu fais ».

Si seulement on m’avait donné un euro à chaque fois que j’ai entendu cette affirmation ! C’est pour montrer que c’est possible que je tiens ce blog. Ce n’est pas forcément facile tout le temps, mais c’est gratifiant.

Etes-vous arrivé au hasard d’un surf ? Hésitant à l’idée de sauter le pas ? Si vous le faites, sachez que votre vie va changer. Vous devrez probablement réaliser des ajustements, particulièrement au début. Vos voisins ou votre famille ne comprendront pas forcément votre choix. Si vous instruisez en famille, vous constaterez probablement des modifications dans vos relations avec vos enfants. Vous pouvez aussi vous attendre à reconsidérer beaucoup de croyances que vous avez aujourd’hui à propos de l’éducation, de la vie de famille et de la société.

Vous avez peur ? Je comprends. Vous l’avez pourtant déjà fait. Lorsque vous êtes devenus des parents, vous saviez que votre vie allait changer, vous ne saviez simplement pas à quel point et de quelle façon. Vous souvenez-vous de ce qui vous a décidé ? L’exemple de votre propre famille, de vos amis ? Parce qu’autour de vous, tout le monde semble s’en sortir, même si ce n’est pas tous les jours facile ? Parce que vous avez senti, avec vos tripes, que c’est ça, que vous vouliez ? Devenir une famille dont les enfants apprennent sans école nécessite le même genre d’ajustements. Vous y allez avec certaines attentes et pour certaines raisons, et vous allez vite vous rendre compte que ce n’est pas tout à fait ce à quoi vous vous attendiez. Vous vous ajustez. Vous apprenez au fur et à mesure. Vous créez une vie d’apprentissage chez vous, taillée sur mesure pour vos enfants et votre famille. Et très rapidement, vous allez commencer à réaliser les bénéfices que l’instruction en famille peut apporter.

Ou bien êtes-vous simplement curieux à propos de l’instruction en famille ? Est-ce que vous vous demandez simplement combien il y en a, ce qu’ils font toute la journée, comment ils réussissent à apprendre et ce qui leur arrive après l’école ? Est-ce que vous pensez à l’instruction en famille mais n’êtes pas certain que ce soit bon pour vous, vos enfants, votre famille ? Etes-vous à la recherche d’un soutien pour votre décision, d’informations à diffuser auprès des autres ou de plus de compréhension ? Craignez-vous que votre enfant soit socialement inadapté ou académiquement perdu ?

Si c’est le cas, vous n’êtes pas seul. Les enfants qui apprennent en dehors de l’école sont environ 30 000  en France. La plupart d’entre eux suivent des cours par correspondance autorisés et financés par l’Etat et font réellement « l’école à la maison » (sportifs de hauts niveaux, enfants pris par des activités artistiques intenses, etc.). Le ministère de l’Education Nationale estime qu’il y aurait 5 337 enfants, en 2012, qui apprennent sans école par choix des parents, non soutenu par l’Education Nationale. En Suisse romande (=francophone), on compte moins d’une centaine d’enfants. Ces chiffres officiels recouvrent une réalité difficile à appréhender. Beaucoup d’enfants, en effet, ne sont pas déclarés et échappent donc à ces statistiques. Quoiqu’il en soit, c’est une pratique extrêmement marginale au regard des 8 000 000 d’enfants scolarisés.

Qui sommes-nous ?

Le terme officiel pour désigner notre pratique est « instruction en famille« , ou IEF.

On trouve souvent le terme d’école à la maison. Ce terme est ambigu. En effet, pour nous, familles non scolarisantes, le terme d’école à la maison désigne surtout des familles qui font le choix de transposer l’école (programmes, méthodes, ouvrages) chez elles. Ces familles utilisent des cours par correspondance (CPC). Les plus connus, en France, sont le CNED (Centre National d’Education à Distance), chapeauté par le Ministère de l’Education Nationale. Il en existe énormément. A ma connaissance, les plus utilisés sont les cours Ker Lann, EAD, les cours Hattemer, … Sur les 5 337 enfants qui apprennent sans école hors soutien de l’Etat, on estime qu’environ 2400 suivent des cours par correspondance.

Comment appeler les 3 000 autres ? On entend souvent parler de unschoolers, terme qui nous vient des Etats-Unis, pour désigner les enfants qui ne font pas l’école à la maison (Homeschooler).

Les homeschoolers suivent un programme défini à l’avance, qu’il soit officiel (par exemple, les programmes de l’Education Nationale) ou non. Les enfants ont, dans ce cadre, des plans d’apprentissage destinés à les amener à un objectif qui est défini par un ou des adultes (les parents, l’Etat). On décide pour l’enfant de ce qu’il doit savoir. En pratique, il s’agit pour les parents de remorquer leur enfant sur la voie du savoir, en utilisant des techniques qui peuvent être extrêmement variées, des plus austères aux plus ludiques : nous estimons que tu dois savoir faire des divisions, je vais donc t’expliquer ce qu’est une division. J’estime que tu dois t’instruire sur le Moyen-Age, nous allons donc visiter les châteaux médiévaux de la région, etc.

Les unschoolers ne suivent pas de programme : les programmes les suivent. Souvent décrits comme « apprentissages autonomes« , les apprentissages des unschoolers sont guidés par l’intérêt de l’enfant et non par une entité extérieure (parent, enseignant, ministère). En pratique, il s’agit pour les parents d’alimenter un moteur qui est interne à l’enfant : mon enfant a reçu en cadeau des petits livres sur la mythologie qu’il a dévorés ? Je file à la bibliothèque emprunter d’autres livres sur ce sujet pour lui fournir matière à développer ses connaissances. S’il n’est pas intéressé par les maths, je ne vais pas le forcer à faire des maths. Cette approche est généralement choquante et source de beaucoup de confusions et de fantasmes. Même si elle vous dérange, essayez s’il vous plait de résister à l’envie de croire que c’est insensé ou inconséquent. Ce n’est pas le cas. Mais sa compréhension est tellement éloignée de la norme dominante qu’il vous faudra surement du temps pour la comprendre et mesurer sa valeur de manière objective. Les anglosaxons utilisent un terme positif que je ne parviens pas à transposer efficacement en français : celui de life learners, ceux qui apprennent de la vie, dans la vie.

Contrairement à ce que beaucoup pensent, nous ne sommes par marginaux. Nous sommes des familles parfaitement normales – c’est à dire foncièrement hétérogènes, diverses, inclassables – dont les enfants ne vont pas à l’école. Rien d’autre ne nous distingue des autres parents. Et ce lien infime et ténu, pourtant, nous rapproche de manière puissante, nous amène – c’est une des richesses majeures – à transcender nos différences.

Ce blog raconte comment se passe la vie à l’air libre, Vous trouverez dans ce blog des pistes de réflexion : quelles questions vous poser avant de sauter le pas, les intelligences multiples, les bonnes raisons de choisir ce mode d’instruction, les idées reçues véhiculées par l’IEF et comment y répondre.

Je m’efforce de tenir une Revue de presse et la liste des apparitions télévisées de familles qui pratiquent l’instruction en famille.

Vous trouverez également quelques pistes pratiques (législation, contrôle, trucs), comment utiliser les ressources électroniques (internet, iPad, Chrome).

Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur notre histoire et ce qui nous a décidés, rendez-vous ici; si vous vous demandez comment ces pauvres enfants peuvent tenir en étant bouclés à la maison, rendez-vous . Pour proclamer votre attachement, rendez-vous à la boutique Apprendre à l’air libre.

Vous pouvez aussi me joindre sur Facebook.

contact@apprendrealairlibre.com

Pour être tenu informé des nouveaux articles : renseignez votre e-mail

[subscribe2]
Google+